Hossegor

naissance d’une station

La commune est le fruit d’un curieux paradoxe. A l’aube d’un siècle, quelques artistes et intellectuels découvrent un coin de nature encore vierge qu’ils célèbrent comme un nouvel eden. Mais leur enthousiasme, qui a éveillé l’intérêt des financiers et promoteurs, draine bientôt le Tout-Paris vers ce site jusqu’alors sauvage, faisant naître une ville nouvelle, à l’architecture profondément originale, où les mondanités le disputent désormais à la pratique des "sports élégants".

Entre 1893 et 1909 s’installent des personnalités telles que Mathias Morhardt, critique littéraire et artistique du "Temps" ("Le Monde" d’aujourd’hui) ; Justin Boex, dit Rosny Jeune, romancier et académicien Goncourt dès sa création en 1903 ; Maxime Leroy, magistrat et écrivain ; Maurice Martin, chroniqueur à la Petite Gironde, aventurier et sportif émérite ; Paul Marguerite, romancier et académicien Goncourt dès sa création en 1903.
Le groupe a joué surtout par la notoriété de ses membres et par le rôle essentiel de quelques-uns d’entre eux dans "l’association des amis du lac", créée en 1909. Mieux qu’un cercle littéraire, c’est à travers elle qu’ils resteront attentifs au développement d’Hossegor et chercheront à peser sur ses choix essentiels.

Pendant toutes ces années, Hossegor est à la mode. Il faut y paraître, y passer quelques jours, une fraction du Tout-Paris y vient en vacances. On peut y goûter les plus grands spectacles, y voir des princes de sang. Les arts ne sont pas en reste : lettres, théâtre, danse, musique, peinture, sculpture et même cinéma succèdent aux bals costumés, défilés de mode, rallye automobile (Paris-Hossegor) etc.
Durant toutes ces années, de 1930 à 1939, la présence de gens de lettres et d’artistes qui séjournent et demeurent à Hossegor ajoute une aura culturelle à la renommée du site. François Mauriac, Francis Planté, Maurice Ravel, Léon Blum, Paul Claudel, Gabrielle d’Annunzio… témoignent de l’inspiration qu’ils y ont trouvée.

l’invention d’un style architectural

Dans l’éclectisme architectural qui caractérise les stations balnéaires, Hossegor se distingue par une unité et une originalité de style dont on ne connaît guère d’équivalent. Née entre les deux guerres, la station a servi de laboratoire à des architectes inventifs qui, en conciliant techniques modernes et inspiration régionaliste, ont créé le style basco-landais.
Cinq architectes, tous formés à l’École des Beaux-Arts de Paris, à l’exception de Louis Lagrange, jouent un rôle majeur dans le développement de la station, dont le chef de file est Henri Godbarge.
Ce bordelais s’impose comme le théoricien du style basco-landais. Il réalise en collaboration avec les frères Gomez, le Sporting-Casino, l’Hôtel du Lac etc.
Louis et Benjamin Gomez édifient un ensemble de résidences en front de mer, se déployant de part et d’autre de la Place des Landais, ainsi que la villa Julia. Benjamin Gomez s’intéresse surtout à la décoration et au mobilier.
Robert Maurice est l’auteur de la villa Delos puis d’une trentaine d’autres maisons d’influence art-déco comme les villas Matuszeck et Sylmina.
Louis Lagrange enfin, fort peu académique comme en témoigne la villa Adichats, introduit des références hispanisantes, empruntées à l’art mudejar et à la Renaissance espagnole.
Hossegor doit être l’un des endroits où la confrontation entre le génie du lieu et l’esprit du temps, entre l’âme des régions et la modernité, aura donné le meilleur d’elle-même, estime Claude Laroche, photographe, architecte et auteur de plusieurs ouvrages consacrés à l’esthétique hossegorienne.
Environ quatre cents villas sont ainsi construites dans la période de l’Entre-deux-guerres, obéissant à une même logique architecturale qui allie l’intérêt commercial à l’amour d’un site que chacun qualifie de magique, et à une identité régionale forte.

Une présentation de notre cité rédigée par Gérard Maignan - historien

hossegor bénéficie d’une situation géographique privilégiée sur la Côte d’Argent

 

Carte Hossegor

Hossegor, 3 600 habitants environ, se situe entre Bordeaux, à 160 kilomètres au Nord et Biarritz avec son aéroport international, à 25 kilomètres au Sud.